L'affiliation est un moyen efficace de développer votre activité en ligne. Vous pouvez rémunérer vos affiliés au CPM, au CPC, au CPA, ou encore au chiffre d'affaire généré. Bref, toute une palette de rémunérations qui vous permettent de maîtriser votre ROI en maximisant votre trafic. Vous pouvez également proposer à vos affiliés des outils qui leur permettront de mettre en avant vos services (flux rss, bannières, etc.).

On a beaucoup parlé de fraude au clic chez les principales régies fonctionnant au CPC en 2006 (Google AdWords, Yahoo Search Marketing ex-overture, Miva, ex-Espotting, etc.). Le sujet a fait moins de vagues en 2007, et on n'en parle presque plus aujourd'hui. La fraude au clic, même si elle existe toujours, est mieux contrôlée (des outils de mesure ont été développés). Mais qu'en est-il de la fraude en affiliation ?

La fraude en affiliation est souvent difficilement détectable. Elle est parfois l'œuvre de "petits malins" aux moyens limités, mais elle peut également être réalisée via des mécanismes plus complexes mettant en œuvre des logiciels, et peut ainsi représenter un coût non négligeable pour l'entreprise (plusieurs milliers voire plusieurs dizaine de milliers d'euros ! - ces chiffres ne sont pas fictifs, j'ai déjà pu le constater au cours de ma carrière...).

Alors comment détecter cette fraude ?

On commencera pas étudier les statistiques des affiliés : quels sont les affiliés qui transforment le mieux (taux de transformation anormalement élevé) ? Ceux dont les volumes sont les plus importants et qui coûtent le plus cher à la société (et qui théoriquement rapportent le plus) ? La méthode la plus sûre mais également la plus chronophage consiste à contrôler les intégrations (bannières, etc.) chez ces affiliés, un à un. Les sites déclarés par les affiliés ont-ils un trafic qui justifie le volume de clic ? (vérifier sur alexa.com) La thématique du site de l'affilié justifie-t-elle le taux de transformation élevé ? etc. Quand le système d'affiliation passe par une plateforme, ce travail de détective est rendu encore plus difficile, puisqu'on n'est pas en relation directe avec l'affilié.

Cette opération permet de détecter les fraudeurs. Reste à comprendre comment ces fraudeurs opèrent, et c'est ici que les choses se compliquent. Il existe de nombreuses méthodes, pas toujours évidentes à mettre à jour. En voici 2, avec des exemples concrets.

Achat de noms de domaines proches
Cette méthode est basée sur le typosquatting. Il s'agit d'acheter un nom de domaine proche de celui de l'annonceur, en redirigeant le trafic vers l'annonceur en question via un lien d'affiliation. Lorsque l'annonceur possède un site à forte notoriété et au trafic important, le trafic via typosquatting peut rapporter à l'affilié fraudeur un bon salaire !
Plusieurs annonceurs ont ainsi récemment été victimes de cette pratique, parmi lesquels meetiv.fr, pardon meetic.fr (vous noterez la proximité du c et du v sur votre clavier), ou encore meetci.fr, vivastree.fr, vivasteet.fr, vivasreet.fr et quelques autres... Les plateformes Public Idées et Tradedoubler ont désactivé les liens de l'affilié indélicat, mais les noms de domaines marionnau.fr et quelques autres sont toujours actifs sur la même plateforme... Quand le trafic de l'annonceur fait plusieurs millions de visiteurs uniques par mois, le trafic via typosquatting est loin d'être négligeable...

Utilisation d'Adwares et de Spywares
Beaucoup de programmes d'affiliation sont basés sur un système de cookies, qui permet à la plateforme de rémunérer l'affilié : un cookie est déposé sur l'ordinateur du visiteur en provenance du site de l'affilié, et si pendant la durée de vie du cookie (en général 30 jours) le visiteur effectue une action prédéfinie (validation d'un formulaire de contact, achat en ligne, clic, ou autre action), une rémunération est accordée à l'affilié.
Le dépôt du cookie peut se faire par la visite du site de l'annonceur, avec un paramètre du type : annonceur.com/?code_affiliation=CODE-AFFILIE. Il suffit alors à l'affilié de provoquer l'affichage du site de l'annonceur avec son code affilié. Ceci est rendu possible en masse avec des adwares (jeux, toolbars, etc.) comme ceux que propose Zango, également connu sous le nom de 180solutions. Ces adwares analysent le comportement des internautes, et affichent des popups ou popunders via des URLs d'affiliation en rapport avec les intérêts des internautes, et il est impossible pour l'annonceur d'identifier l'origine des visiteurs (pas de referer dans l'interface de statistiques). La valeur ajoutée est bien souvent faible, et l'image de l'annonceur en pâtit.

Bref, des méthodes peu loyales, où l'affilié est rémunéré aux dépens de l'annonceur... alors, connaissez-vous vos affiliés ?